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Balade 37 : Quant j’ay veu tous les mondains estas (XXXVII)

Balade

                   Quant j’ay veu tous les mondains estas
                   Des lieux royaulx et de chevalerie,
                   Et advisé des plus haulx aux plus bas
                   Les pratiques et la mahommerie,
5                 Tant sur les queux qu’en l’eschaçonnerie,
                   Et autre part, je voy communement
                   Qu’il n’est homme[1] en ceste mortele[2] vie,
                   Fors aux commis a departir argent.

                   Aucuns parlent d’onourer advocas,
10                Et les autres, clercs en theologie,
                   Mais ce sont ceuls qui ont plaiz et debas,
                   Car un chascun ne les honoure mie.
                   On se retrait souvent de seignourie,
                   Mais je ne voy grace avoir entre gent,
15                N’oneur donner a nul, quoy que l’en die,
                   Fors aux commis a departir argent.

                   Dieux sont mondain[3], qui ont argent en tas,
                   Et aouréz tant comme ydolatrie.
                   On les poursuit humblement, pas a pas.
20               Si grant n’y a qu’a eulx ne s’umilie,
                   En deffublant, a genoulz on les prie,
                   Obeissant[4] a leur commandement,
                   Ne secours n’est qu’aucuns ait ne aie,
                   Fors aux commis a departir argent.


[1] Saint Hilaire corrige en honneur

[2] Saint Hilaire corrige en mortel (conséquence de la correction précédente)

[3] Saint Hilaire corrige en mondains

[4] Ms. En obeissant

Mais non, vous ne vous êtes pas perdu !

 

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